Chaque matin, j’ouvre LinkedIn avec une forme de curiosité mêlée d’amusement. De combien de personnes l’armée des experts autoproclamés en intelligence artificielle va-t-elle s’enrichir ? C’est en effet fascinant de voir la vitesse à laquelle un nouvel outil, une nouvelle technologie, a donné naissance à des experts qui, d’un côté, nous promettent de travailler moins tout en produisant plus et, de l’autre, condamnent nombre d’autres outils à une mort certaine. Fini les Word, Excel ou autre Powerpoint, Claude ou ChatGPT prend leur place en quelques clics seulement.
Là où cela me fait moins rire, c’est quand je lis que le métier de copywriter est, lui aussi, mort. Pour m’en convaincre, voire vous en convaincre, nous sommes inondés de prompts magiques qui permettront de créer du contenu à l’infini. Vous aurez remarqué que jamais on ne parle de qualité, toujours de quantité. Une première question me taraude : si c’est si simple, en une journée de collecte de prompts, nous devrions être suffisamment armés pour rédiger du contenu jusqu’à la fin de nos jours. De quoi vivront alors ces experts qui ont eu l’amabilité de nous offrir « les dix prompts indispensables pour gérer son profil LinkedIn », « La méthode Claude pour ne plus devoir répondre soi-même à ses e-mails »… J’en passe et des meilleurs.
Une deuxième question me vient : sommes-nous prêts à confier la majorité de nos décisions, que ce soit en matière de rédaction de contenu ou autres, à des algorithmes que, soyons honnêtes, très peu d’entre-nous comprennent réellement ?
Personnellement, je ne me dis pas expert en copywriting. Je vis l’écriture avec passion depuis près de quarante ans. Chaque jour, je découvre de nouveaux mots, autant de possibilités d’apporter de la nuance à mes textes. Chaque jour, mon expérience (je n’ai pas dit « expertise »), me permet d’exprimer les idées de mes clients avec plus de précision, d’élégance et d’impact. Certes, je suis moins rapide que Claude ou ChatGPT, mais est-ce pour autant un défaut. Oserais-je faire référence à Jean de la Fontaine et son désormais célèbre « Le lièvre et la Tortue » qui nous enseigne que la régularité, la persévérance et l’humilité triomphent de celles et ceux qui œuvrent avec paresse et excès de confiance.
La dernière nouveauté en date est qu’un copywriter à 5.000 euros par mois peut désormais être remplacé par un abonnement à 20 euros. Vraiment ? C’est un peu, pour le virtuose, comme comparer le son d’un Stradivarius à celui d’un synthétiseur Bontempi (les plus anciens comprendront la référence).
Alors, pour celles et ceux qui se poseraient encore la question de faire appel à un copywriter, j’ai envie de leur répondre pensée critique, intuition, expérience, créativité et, cerise sur le gâteau, cette capacité très humaine à ressentir ce qu’attend réellement l’autre.
Et vous, vous pensez réellement qu’une app à 20 balles remplacera votre expertise, construite année après année ? Il me tarde de lire vos réponses…


Leave a Reply